Hors sujet : parlons des nerfs de bœufs

Hors sujet : parlons des nerfs de bœufs

Il faut que je vous parle d’un de mes hobbies préférer : les matraques. J’adore les objets contondants depuis tout petit. Toute mon enfance, je testais tous les bâtons que je croisais à la recherche du gourdin ultime. Pratiquant d’arts martiaux de longue date, les bâtons m’ont toujours fait de l’œil et je pratique les kobudo quotidiennement. Encore maintenant, si vous voulez me faire plaisir, achetez-moi un manche de pioche en hêtre ou en frêne. D’avance merci.

Là, je profite d’une discussion récente sur le sujet avec des pratiquants d’arts martiaux pour vous parler du nerf de boeuf. Nous autres quinquats, nous avons tous entendu parler de nos aïeux, tapant le cul des vaches avec des cannes en nerfs torsadés, ou de gentils policiers du temps jadis frappant de vilains suspects avec des « nerfs de boeufs », lequel est devenu synonyme de matraque.

Frais, le nerf de boeuf ressemble à ça :

Oui, c’est dégueulasse. Amis végans, continuez à matraquer avec du bois bioéquitable.

Une fois séché, on obtient une lanière très rigide, très légère. On en fait des friandises pour les chiens, de nos jours.

Miam ! Ça fait envie à l’apéro !

Autrefois, on les torsadait pour en faire des cannes de maquignon (pourquoi les maquignons ? Parce qu’ils vendaient des boeufs et qu’il n’avait pas de mal à se procurer de quoi faire des cannes). J’en ai testé une : il ne fallait pas s’appuyer trop fort dessus, tellement elles étaient souples. C’était plus un fouet qu’une vraie canne.

La véritable canne de maquignon. Existe avec des poignées plus luxueuses.

Lorsque le maquignon voulait vraiment s’aider à la marche, il faisait mettre une tige métallique au milieu de la canne pour la rigidifier (je ne sais pas si ça existe avec une baguette centrale en bois, mais je ne serais pas surpris). Les cannes en nerfs pouvaient être de très belle facture. On pouvait aussi facilement en faire une canne poignard ou une canne épée.

En torsadant plus épais et plus court, on pouvait faire des matraques très sexy.

Je m’excuse auprès du jeune public, qu’une telle photo peut choquer.

Elles étaient tout aussi souples et légères, avec des torsades qui font bien mal au contact. Vous me direz, pourquoi la police n’utilisait-elle pas de simples bâtons ? Ce serait moins cher et sûrement plus lourd, donc plus efficace.

Parce que, comme tout pratiquant d’arts martiaux armés le sait, il est assez facile de tuer quelqu’un avec un bâton. Un coup bien porté casse un os. Et la police ne souhaite pas vous tuer, mais juste vous faire mal, bande de sales manifestants communistes. Les bavures n’ont jamais été très bien vues, quoi qu’on puisse en penser et la police essaye toujours de faire le moins de trace possible (à part les CRS, allez savoir pourquoi). C’est pourquoi le tonfa de police pèse 3x moins lourd que mes tonfas de kobudo (450g vs 1,3 kg), ou que des tongwa chinois, qui sont souvent en acier, parfois avec les pointes effilées à chaque extrémité. Vous voyez bien que les forces de l’ordre ne vous veulent pas tant de mal que ça ! Le nerf de boeuf avait cette même fonction : des coups cinglants, mais peu pénétrants, avec très peu de chance de causer des dégâts irréparables. Alors, merci qui ?

J’ai pu découvrir que les commissaires priseurs (Drouot entre autres) vendent très régulièrement des lots de cannes et qu’à chaque fois on en trouve plusieurs en nerfs de boeuf. Les prix sont assez raisonnables et dépendent de l’âge de la canne et de sa finition. Donc si vous êtes collectionneur de trucs qui font mal, comme moi, vous savez ou vous approvisionner désormais.

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