Constat navrant

Ces temps-ci j’écris de très bonnes pages. Style enlevé, personnages bien campés aux motivations profondes, répliques cinglantes…
Franchement, quand je relis certains passages, je me dis « ouah ! C’est moi qui ai écrit ça ? »

Il y a tout de même un petit « hic » : lorsque je mets ces pages bout à bout, ces jolis pages bien tournées se transforment en une vraie nouvelle de merde.
(Soupir)

Ce qui m’inspire (épisode 4)

Les nuits secrètes de Paris, de Guy Breton.
Un livre plus drôle que ce que la couverture laissait présager, présentant un florilège de sectes étranges et rigolotes des années soixante.

20140604-091828-33508740.jpg

J’ignore s’il y a une part de fabulation dans ce livre, mais Guy Breton était un historien connu pour ses ouvrages de vulgarisation et ses chroniques radio. Le sens de la narration est là (il a par exemple un sens de l’ellipse dans la grivoiserie qui me rend jaloux) et les détails qu’il donne sur les sectaristes et leurs théories m’ouvrent des portes insoupçonnées jusque là (Évariste sera content).

Un petit extrait ?
« Lorsque j’appris que les astrologues hindous annonçaient la fin du monde pour le lundi 5 février 1962, j’annulai un rendez-vous frivole avec mon contrôleur des contributions et je me précipitais chez M. Guipert, négociant en tapis, rue Vivienne. »

Une phrase qui n’aurait pas dépareillée dans le dernier Évariste, n’est-ce pas ?

Imaginales 2014 : venez nombreux.

Je vous ai dis que j’allais aux Imaginales ?
Ah merde. Trop tard.

Bon ben c’était bien quand même. Des rencontres sympas, des retrouvailles avec de vieux potes et de potes moins anciens, des barbus qui piquent, du couscous royal de folie, trop de livres achetés, la chance d’être assis à côté de Jeanne A Debats dans le TGV, la découverte de la secte des Adorateurs de l’Oignon, plusieurs cuvées des Trolls, des crêpes moyennes mais mangées en très bonne compagnie et j’en passe.

J’ai aussi (les fans vont être contents) j’ai un synopsis en béton pour le Baron Noir 3. Merci à Luc de m’avoir écouté parler tout seul pendant que je mettais en place les morceaux épars que j’avais déjà en tête.

Projet – critique de Vampire à Contre Emploi

Ça faisait un petit moment que je n’avais pas posté quoi que ce soit ici. Internet me gave un peu en ce moment (vous n’y êtes pour rien, je vous rassure) et je travaillais sur une nouvelle très frustrante. Que j’ai arrêtée. Pour en faire un roman. Avec des vieillards et de la magie noire.
Huhuhu.
Je sens que je vais bien m’amuser !

Et sinon, amis lecteurs, si vous n’avez pas encore lu Vampires à Contre Emploi, voici une chronique qui pourrait vous décider de sauter le pas.

Du bon usage de la morgue

Quand on parle de la boîte à outils de l’écrivain, on pense bien sûr aux traitements de texte, aux correcteurs orthographiques et aux dictionnaires.
Mais on oublie toujours…

LA MORGUE !!!!!
[sur fond de bruitages flippants; prévoir des éclairs]

La morgue, comme son nom l’indique, est l’endroit où l’auteur stocke ses textes morts avant d’atteindre l’épilogue, les nouvelles qu’il n’a osé montrer à personne parce qu’elles ne fonctionnent pas, les idées qui commençaient bien pour ne mener nulle part.
On peut y stocker aussi les différentes versions d’une nouvelle, ou les passages coupés d’une version à l’autre (j’ai neuf versions du Jugement sur mon disque dur, tous plus mauvaises les unes que les autres. Je les relis parfois et ça me rappelle qu’il faut rester humble).

Ceux qui préfèrent les carnets aux ordinateurs (comme moi avant) gagneront à les ranger numérotés sur une étagère. Si vous êtes maniaques, je vous encourage aussi à numéroter les pages et créer un sommaire sur chaque carnet, au moins pendant ce temps vous ne ferez pas de conneries.

Stocker n’est que la première partie du travail. La seconde consiste à laisser passer le temps.
Dans une morgue littéraire, ce ne sont pas les cadavres qui vont macérer et murir (beurk) mais votre cerveau (re-beurk).
Vous devez laisser le temps faire son office, oublier ces idées mal exploitées, travailler sur autre chose, lire, vivre pour que votre esprit évolue jusqu’à pouvoir transformer l’ivraie en bon grain.

Pour finir, il faut ouvrir la chambre froide et manipuler la bidoche froide, fouiller dans les tripes roides et malodorantes pour – It´s aliiiive ! – ressusciter les idées et en faire enfin ce roman qui vous permettra de payer le désodorisant de votre future Audi TT.

Bon. Si vous êtes auteur, vous n’avez rien appris du tout en lisant ce post. Et si vous n’écrivez pas, ce post n’aura servi à rien. Il est donc inutile.

Je cours de ce pas en jeter une copie dans mon répertoire « morgue ».